• Granville au XXe siècle

    Dubois, Léon. - [Repas de famille dans une cour à Granville]. - Photographie sur papier argentique 22,8 x 27,8 cm. Ca1905

     Léon DUBOIS (1847-1911)

    Photographe parisien, installé au 24, rue d’Orsel dans le 18e arrondissement, où il exerce depuis 1883[1], il est né le 30 mai 1847 à Saint-Symphorien (Indre-et-Loire).

    Il est le fils d’Alexandre Dubois, décédé à Arpajon (Seine-et-Oise) le 27 décembre 1868, et de dame Louise Marthe Casajens dit Crillon, décédée à Paris (18e arrondissement) le 20 mai 1893.

    Sa première femme, Marie Fideline Wallez, meurt à Paris (18e arrondissement) le 7 juin 1895. De leur union était né un fils, René, vers 1893 à Paris.

    Sa carrière de photographe est documentée dès 1892, en effet ses diverses publicités mentionnent sa présence comme membre du jury de l’exposition internationale de photographie à Paris. Son studio parisien semble continuer son activité jusqu’en 1899, alors qu’il est déjà actif à Granville où il épouse en secondes noces, le 5 octobre 1897, Léopoldine Rosalie Augustine Désirée Lecanu, photographe, née à Tribehou (Manche) le 12 juillet 1852, et domiciliée à Granville. Celle-ci, deux fois veuve, en premières noces d’Auguste Henri Leplanquais, photographe, décédé en cette ville le 14 juin 1879 et, en secondes, d’Ulysse Arthur Godard, photographe également, décédé en cette ville le 1er avril 1896, est la fille de Pierre François Lecanu, décédé à Tribehou le 29 novembre 1884 et de dame Rosalie Desplanques sans profession, domiciliée à Granville le 5 octobre 1897.

    Léon Dubois arrive à Granville vers 1897 et travaille avec Léopoldine et le fils qu’elle a eu de Godard, aux 32 et 21 de la rue Lecampion, maison ouverte depuis 1877, comme l’indique sa publicité.

    En effet le 16 juillet 1900 Léon Dubois va déclarer à la mairie le décès de son beau fils Emile Auguste Godard, qui n’a que 18 ans, célibataire et sans postérité, avec qui il avait très vite collaboré après son mariage avec Léopoldine Lecanu.

    C’est une maison prospère qui lui permet en 1901 : d’élever Madeleine Godard, fille d’Ulysse Godard, René Dubois son fils, de garder sa belle mère Rosalie Lecanu, née Desplanques et d’employer Victorine Dubreuil, jeune fille âgée de 26 ans originaire du Buat, comme domestique.

    Dubois pratique la photographie sur papier baryté et négatif sur plaque de verre au gélatino-bromure d’argent. Ses photographies laissent entrevoir son studio de pose, assez sophistiqué avec colonnes en trompe-l’œil, prie-dieu, fauteuils d’enfant et d’adulte, chaise, tabouret, toiles peintes représentant l’intérieur d’une chapelle pour les communiants, un jardin fleuri pour les enfants ou une pièce décorée de boiseries pour les familles, fausse peau de bête, tous accessoires en partie hérités de ses prédécesseurs. Sa production foisonne de portraits photographiques aux formats « carte de visite » et « cabinet » dont le carton support est imprimé par B.P. Grimaud-Nacivet[2] puis B.P. Grimaud à Paris, l’ancien fournisseur de Godard. Dès que les papiers argentiques au gélatino-bromure apparaîtront, il les emploiera ; l’un de ses pourvoyeurs est la Société Lumière à Lyon.

    Nous le retrouvons en 1901, année où il reçoit la médaille d’or à l’exposition photographique du Palais Royal à Paris pour ses agrandissements coloriés.

    Enfin en 1910 il est membre du jury de l’exposition industrielle d’Avranches où on lui décerne un diplôme d’honneur.

    A Granville son studio se trouve au 32, rue Lecampion, à la même adresse que son prédécesseur Godard, et son comptoir photographique, où il vend du matériel photographique et phonographique, est au 31 de la même rue (précédemment le 21).

    Comme Godard il tient une succursale à Coutances, 18, rue de Tourville. D’après les registres de recensement de la ville de Granville pour l’année 1906, il initie Georges Boulmé, âgé de 18 ans, né à St Quentin, aux techniques photographiques.

    La situation économique de l’atelier semble évoluer défavorablement vers 1905, date où cesse son activité coutançaise, car sa publicité ne la mentionne plus. Toutefois leur train de vie leur permet d’employer une domestique, Angelina Laisné, âgée de 25 ans, originaire de Bréville pour seconder Léopoldine dans les tâches ménagères.

    En 1910 il figure dans la liste des membres du Syndicat d’Initiative de Granville.

    Il arrête toute activité en 11 février 1911 et cède son atelier à Léon Fayet. Sa mort survient le 14 février 1911, sa femme, devient propriétaire d’une pension de famille, une publicité du guide du syndicat d’initiative paru vers 1913 nous renseigne sur sa dernière activité.

    Désirant, comme beaucoup de photographes sur tout le territoire français, développer son commerce, il se lance, après l’exposition universelle de 1900, dans l’édition de cartes postales. Sa publicité parue dans le guide de Granville de R. du Vorsent de 1905 l’indique à la fin. Il est le premier photographe granvillais à éditer des cartes postales (Les Geoffroy-Choinel sont libraires). Il n’est pas rare de trouver des cartes nuages portant sa griffe.

    Outre Granville, très vite il photographie les environs comme Hambye, Chausey, Folligny, Donville et Saint-Pair.

    Il n’en continue pas moins à photographier en studio, mais il ne se déplace pas pour photographier les événements granvillais qui seront la spécialité des photographes Coron, L. Moulin et Jean Puel. Des cartes photographiques sont connues de lui, mais la plupart connaissent une édition en carte postale.

    Les photographies pour les cartes postales sont reproduites par le procédé de la phototypie inventé à la fin du XIXe siècle. Il photographie la rue Lecampion où il tient boutique dans la première maison à gauche.

    Il participe à l’illustration de guides touristiques de Granville avec ses confrères.

    Léon Dubois soigne sa publicité : il possède un panneau publicitaire sur la place du marché de Saint-Pair et un panneau d’exposition sur la façade de l’Hôtel des Bains, dont il change régulièrement les photographies.

    Sources :

    -Actes d’état civil de naissance, de mariage.

    -Acte de décès d’Emile Auguste Godard fils d’Ulysse Godard.

    -Annuaire des photographes professionnels. – Paris : « Photo – Revue », 1905, 1908.

    -Annuaire du commerce et de l’Industrie ou almanach des 500000 adresses (Didot-Bottin). – 1883 à 1898.

    -Annuaire général et international de la photographie. - Paris : E. Plon, Nourrit et Cie , 1896 à 1899.

    -Annuaire pour 1910 contenant la liste des habitants de Granville et Avranches par rues et lettres alphabétique. - Granville : Imprimerie Moderne. - 6ème année.

    -Bottin du département de la Manche. - Paris : Imprimerie Nationale, 1909.

    -COSTE ; ADAM. - Granville : Monaco du Nord, centre balnéaire, Mont-Saint-Michel, Iles Chausey, Jersey : Livret guide du touriste. - Granville : Syndicat d'Initiative, ca1908.

    -COSTE ; ADAM. - Granville : Monaco du Nord, centre balnéaire, Mont-Saint-Michel, Iles Chausey, Jersey : Livret guide du touriste. - 3e ed. - Granville : Syndicat d'Initiative, 1910.

    -COSTE ; ADAM. - Granville : Monaco du Nord, centre balnéaire, Mont-Saint-Michel, Iles Chausey, Jersey : Livret guide du touriste. - 6e ed. - Granville : Syndicat d'Initiative, ca1913.

    -Dos photographies et cartes postales.

    -ERNOUF, Maurice ; HEBERT, Michel. - Mémoire en images : Granville. - Rennes : Alan Sutton, 1995.

    -France - Album : Granville, ca1898.

    -Granville - Mont St-Michel, 1900

    -MENDEL, Charles. - Annuaire des amateurs de photographie, des sociétés photographiques et des hôtels ayant chambre noire. – Paris : aux bureaux de la « Photo – Revue », 1903.

    -Registres de recensement de Granville.

    -VORSENT, R. du. - Granville et ses environs : guide du touriste. - Granville : la municipalité, le casino et la société du Pays de Granville, 1907.

    -VORSENT, R. du. - Guide de Granville et de ses environs. - Granville : Le Pays de Granville, 1905.


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  • Commentaires

    1
    Samedi 6 Juillet 2013 à 04:23
    Studio L Moulin
    Bonjour Monsieur Lebrec, je souhaite entrer en contact avec vous au sujet du studio L Moulin établi à Granville au début du siècle dernier. Bien à vous Hugues Fontaine http://www.africantrain.org/marchand-pere-3
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