• Ls frères Gilbert

    Gilbert, frères. - [Femme assise au petit bonnet, le bras droit appuyé à une table ronde]. - Photographie au format carte de visite sur papier albuminé. Ca1861.

     François Marie GILBERT (1821- ?)

    François Marie Gilbert est le demi frère de Pierre Louis Gilbert, tous deux seront photographes à Granville.

    Leur père, Jean Joseph Gilbert, pêcheur de profession, né à Cancale le 28 juillet 1786, se marie une première fois avec Marie Hautchamp, qui décède à Cancale le 28 août 1822, après avoir donné naissance à François Marie au lieu-dit La Houle à Cancale le 8 août 1821. Jean Joseph se remarie le 6 janvier 1823 avec Marie Louise Gidouin, qui, à son tour, meurt à Cancale le 19 septembre 1849. Marie Louise avait donné naissance à au moins trois enfants : Jeanne Thomasse vers 1824, Joseph Pierre[2] vers 1826, puis Pierre Louis au même lieu-dit que son demi frère aîné le 18 mai 1829.

    De 1856 à  1858, François Marie exerce la profession de marin. Il vit au 75, rue des Juifs à Granville, avec sa femme Léopoldine Clotilde Pissenier, née vers 1824, et ses quatre enfants : Félicité Marie Joseph née vers 1850, Marie Eugènie née vers 1852, Eugène Pierre né vers 1854, et Léopoldine Françoise née vers 1856. Cette adresse correspond à une maison de trois appartements dont la propriétaire est Madame Pierre Vidal, née Pauline, occupant l’un des logements, le dernier appartement est occupé par Jean Joseph Gilbert[3], sa fille Jeanne Thomasse[4] et ses fils Joseph Pierre[5] et Pierre Louis qui deviendra également photographe quelques années plus tard. Suit une période douloureuse où François Marie voit mourir quatre de ses enfants. Entre 1856 et mars 1860 disparaissent ses deux aînées Marie Eugénie le 1er mai 1855 et Félicité Marie Joseph le 12 avril 1858. Le 25 juin 1858, un événement heureux vient couper cette période noire, la naissance de son fils Jean Joseph, qu’il aura le malheur de perdre en bas âge le 13 mars 1859. Le 16 février 1860 voit la naissance de François Auguste qui précède de peu la disparition d’Eugène Pierre entre mars 1860 et 1861.

    L’année 1860 voit le changement radical de profession de François Marie, mentionné comme artiste peintre. Que s’est-il passé dans sa vie professionnelle de marin ?

    Je l’ignore et dans les registres de recensements quinquennaux pour l’année 1861 il apparaît comme exerçant la profession de photographe, toujours à la même adresse, avec sa femme et ses deux enfants survivants : Léopoldine et François Auguste.

    On lui connaît des portraits au format « carte de visite » sur papier albuminé. Le carton support est identifié par son identification imprimée au dos ornée d’une chambre noire sur laquelle est appuyée une palette de peintre avec son pinceau et sa canne[6]. Il pratique la retouche pour masquer les petites imperfections du tirage. Le décor de son atelier est rudimentaire : une toile peinte, un fauteuil et un faux meuble font toute la mise en scène de ses portraits qui manquent d’originalité dans les poses et de vigueur dans le tirage de ses positifs, du moins peut-on constater que ses images sont moins bien conservées que celle de ses concurrents de la même époque.

    Très vite il quitte Granville, son nom n’apparaît plus nulle part. Il semble qu’il soit parti pour Rennes et Saint-Servan car vers 1865 un Certain Gilbert, aîné, peintre photographe est actif dans ces villes d’Ille-et-Vilaine de cette date approximative à une autre date tout aussi approximative de 1875, au 6bis, rue de Belair pour la première et 30, Grande rue pour la seconde. Venant confirmer cette hypothèse la présence de ces deux fils comme photographes, Eugène et Raphaël, enfants qui ne sont pas nés à Granville, dans ces deux villes pour les décennies suivantes. La terminologie d’aîné et de peintre photographe, renforce également mon hypothèse.

     Sources :

    -Acte d’état civil de naissance

    -Actes d’état civil des décès de ses enfants Marie Eugénie, Félicité Marie Josèphe et Jean Joseph.

    -Barbotin, Emmanuel

    -Dos photographies

    -Registres de recensement de Granville. – Médiathèque de Granville F1B5 / 1856, F1B7 / 1861

    -VOIGNIER, Jean Marie. - Répertoires des photographes de France au XIXe siècle. – Le Pont de Pierre, 1993. – Coll. Auteur

    GILBERT, Pierre Louis (1829-1885)

    Pierre Louis Gilbert, originaire de Cancale (Ille-et-Vilaine) où il est né le 18 mai 1829, arrive à Granville avant 1856 avec son père Jean Joseph, ancien marin, sa sœur et son frère. Ils demeurent au 75, rue aux Juifs, ainsi que son demi-frère François Marie Gilbert (1821-1892), également photographe.

    En 1861, les deux demi-frères travaillent ensemble, car une publicité parue dans l’Avranchin, messager de Granville du 23 juin 1861 nous apprend qu’ils sont de passage à Avranches : Portraits en photographie, / par de nouveaux procédés – Coloriés ou non / MM. GILBERT, ARTISTES-PEINTRES, / Le soleil étant complètement inutile à leurs opérations, MM. Gilbert travaillent par n’importe quel temps. / MM. Gilbert préviennent qu’il leur est impossible de rester à Avranches après samedi / prochain. Que les retardataires se hâtent donc de profiter du séjour de ces artistes.

    Le 27 février 1862, Pierre Louis Gilbert prend pour épouse Marie Louise Guérin, sage-femme, née à Granville le 2 novembre 1835, qui lui donnera cinq enfants. L’acte le donne comme photographe, rue du Pont. Son beau-frère, Louis Marie Guérin, témoin à son mariage, est aussi photographe à Granville[7].

    Son activité s’étend de 1861 jusqu’à son décès en 1885, à Granville où il est revenu au terme d’un périple assez complexe.

    Entre 1863 et 1866 il réside à Coutances, puis revient à Granville, où il est domicilié au 15 rue des Marais en 1872 et 1873. A cette époque son atelier de photographie est situé au 26, rue du Cours Jonville.

    En octobre 1874, nouveau départ, pour une brève étape à Orléans, puis, par un acte passé le 24 novembre 1874 devant Maître Renou, notaire à Châteaudun, il se rend acquéreur de l’atelier de Louis Henri *Brossier ; il est mentionné comme habitant rue des Marais à Granville. Installé à Châteaudun, il y exerce le métier de photographe jusqu’en 1880, au 18 de la rue Nationale.


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